Deux collègues reçoivent exactement le même commentaire. L’une y repense pendant trois jours. L’autre l’a oublié avant la fin de l’avant-midi. Pourquoi l’une est-elle si sensible aux critiques, et pas l’autre ?
Trop sensible, vraiment ?
On conclut vite que la première est « trop sensible ». Je ne suis pas d’accord. Ce qui les distingue se passe entre l’événement et l’émotion. Parce qu’entre les deux, il y a toujours une étape qu’on ne voit pas : l’interprétation. Le commentaire arrive, le cerveau lui donne un sens en une fraction de seconde, et c’est ce sens-là qui déclenche la réaction. « Il trouve que je ne fournis pas. » « On me reproche encore quelque chose. » « Je ne suis jamais assez. »
D’où vient cette interprétation
Cette étape n’est pas un défaut de fabrication. Elle s’est construite avec le temps, à partir de ce qu’on a vécu et de ce dont on a manqué. Une remarque sur notre travail touche différemment quand on a grandi en se faisant dire qu’on n’en faisait pas assez.
Comment changer le trajet
La bonne nouvelle est là : puisque cette interprétation s’est apprise, elle peut se transformer. On ne change pas les gens ni leurs commentaires. On peut changer le trajet entre les deux. Quand une critique te pique, écris la phrase exacte qui a été dite, puis la phrase que tu t’es dite à toi-même. Ce sont rarement les mêmes.
Pour aller plus loin
Une grande sensibilité aux critiques est souvent liée à l’estime de soi. Je te propose des pistes concrètes dans Comment améliorer son estime de soi, et un exercice complémentaire dans Pourquoi on ne voit pas les choses telles qu’elles sont. Mon livre La Confiance Active va plus loin sur ces mécanismes.
