On ne voit pas les choses telles qu’elles sont, mais telles qu’on est

Trois personnes assistent à la même réunion. La première en sort convaincue qu’elle a été jugée. La deuxième n’a rien remarqué de spécial. La troisième trouve que ça s’est très bien passé. Même réunion, mêmes mots, trois réalités.

C’est qu’entre ce qui se passe et ce qu’on en comprend, il y a un filtre : notre histoire, nos blessures, ce qu’on nous a appris à voir. Ce filtre travaille en permanence, sans nous demander notre avis. Et le regard le plus déformé de tous, c’est celui qu’on pose sur soi-même.

Certaines déformations reviennent tout le temps. On lit dans les pensées de l’autre — il n’a pas répondu à mon message, il est fâché. On généralise à partir d’une seule fois — j’ai bégayé en présentation, je ne suis pas bonne là-dedans. On pense en tout ou rien — si ce n’est pas parfait, c’est raté.

Un exercice tout simple, pour commencer : la prochaine fois qu’une situation te brasse, écris d’un côté ce qui s’est réellement passé — les faits, ceux qu’une caméra aurait filmés — et de l’autre ce que tu en as conclu. Regarde l’écart. Il est souvent plus grand qu’on pense.

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