On utilise ces trois mots comme s’ils voulaient dire la même chose. Et cette confusion coûte cher, parce qu’on finit par travailler très fort sur quelque chose qui n’est pas le problème.
La confiance, c’est ce que je crois pouvoir faire. Elle est liée à des situations précises : je peux avoir une confiance solide au travail et me sentir démunie dans mes relations. L’estime de soi, c’est autre chose : c’est ce que je crois valoir, indépendamment de mes performances. Et l’acceptation, c’est ma capacité à regarder ce qui est là — mes limites, mon histoire, ce que je ne peux pas changer — sans passer mon énergie à lutter contre.
Voici comment ça se voit dans la vraie vie. Une femme dirige une équipe, on la consulte, on la félicite, son évaluation est excellente. Et pourtant, chaque compliment glisse sur elle sans laisser de trace : elle se dit qu’elle a été chanceuse, que le mandat était facile, qu’un jour on va s’apercevoir de quelque chose. Son problème n’est pas la confiance — elle est manifestement capable, et elle le prouve tous les jours. C’est ce qu’elle croit valoir qui n’a pas bougé.
La différence est loin d’être théorique. Quelqu’un qui manque de confiance a besoin d’expériences. Quelqu’un dont l’estime est abîmée peut accumuler les réussites sans jamais se sentir mieux, parce que ce n’est pas là que ça se joue. Et tant qu’on n’a pas accepté un morceau de sa réalité, tout le travail se fait à contre-courant.
Avant de te demander comment avoir plus confiance, demande-toi laquelle des trois est vraiment ton chantier.
