La motivation ne suffit pas : ce qui fait qu’on tient dans le temps

On attend d’être motivé pour commencer. C’est une drôle de stratégie, quand on y pense, parce que la motivation est une émotion : elle monte, elle redescend, et elle ne prend jamais rendez-vous. Bâtir un changement là-dessus, c’est bâtir sur du sable.

Ce qui fait tenir les gens que j’accompagne, ce n’est pas l’enthousiasme du départ. C’est la structure. Une action assez petite pour être faite un mauvais jour. Un moment fixe, toujours le même, pour ne pas avoir à décider chaque fois. Et une trace visible du chemin parcouru, parce qu’on oublie très vite ce qu’on a accompli.

Le mois de janvier en est la meilleure démonstration. Quelqu’un décide de s’entraîner cinq fois par semaine. Les deux premières semaines sont parfaites. Puis arrive une soirée où la journée a été longue, et une séance saute. Puis deux. Fin février, l’abonnement dort. Ce n’est pas la volonté qui a manqué — c’est que le plan exigeait un bon jour pour fonctionner. Quinze minutes trois fois par semaine, toujours aux mêmes moments, aurait tenu jusqu’en juin.

Il y a une règle simple qui m’aide beaucoup : si tu hésites devant une action, c’est qu’elle est trop grosse. Coupe-la en deux. Puis encore en deux si nécessaire, jusqu’à ce qu’elle devienne évidente. Dix minutes valent infiniment mieux qu’une heure qui n’aura jamais lieu.

Parce que le résultat ne se joue pas les jours où tout va bien. Il se joue les jours creux — et les jours creux, il faut que ce soit facile.

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