On s’imagine que le calme appartient aux gens dont la vie est simple. Qu’il faudrait d’abord que les choses se replacent — le travail, la santé, les enfants, l’argent — et qu’ensuite on pourrait respirer.
Sauf que ce moment-là n’arrive pas. Il y a toujours quelque chose. Et si on attend la fin de la tempête pour aller mieux, on attend longtemps.
Le calme dont je parle est autre chose. Ce n’est pas une vie sans stress, c’est la capacité de rester présente pendant que ça brasse. De sentir la vague monter sans être emportée avec elle. Ça ne s’obtient pas d’un coup, ça se développe — comme un muscle, avec des gestes ordinaires et répétés. Trois respirations lentes avant de répondre. Le contact des pieds sur le sol quand la tête part trop loin. Revenir à ce qui est réellement devant soi, maintenant, plutôt qu’à ce qui pourrait arriver.
Ce sont de petites choses. Elles ne règlent pas la tempête. Elles changent la personne qui la traverse.
