Dire non sans se justifier ni se sentir coupable

Ce qui est difficile, la plupart du temps, ce n’est pas de dire non. C’est ce qui vient après : la petite voix, le malaise, le besoin urgent d’expliquer, de compenser, de rappeler pour arranger les choses.

On se justifie parce qu’on cherche l’accord de l’autre. Comme si notre refus avait besoin d’être approuvé pour être valide. Le problème, c’est que plus on explique, plus on ouvre une négociation — et plus on donne le signal que notre non est discutable.

Une scène que beaucoup vont reconnaître : une sœur demande de garder les enfants samedi. La réponse sort en un souffle — « je ne peux pas, j’ai déjà quelque chose, enfin ce n’est pas vraiment un engagement, mais je suis vidée cette semaine, puis la dernière fois j’avais dit oui… » Plus la phrase avance, plus le refus s’effrite. Et l’autre entend exactement ça : que c’est négociable. Le samedi finit par être gardé.

Un non n’a pas besoin d’un dossier. Il peut être simple : « Non, je ne peux pas. » Il peut proposer autre chose : « Pas cette semaine, mais je peux la semaine prochaine. » Il peut prendre son temps : « Je te reviens demain là-dessus. » Cette dernière formule est précieuse quand on a l’habitude de dire oui par réflexe : elle crée l’espace pour vérifier ce qu’on veut vraiment.

Et voici ce qui se passe vraiment quand on le fait : l’inconfort dure quelques minutes. Le respect de soi, lui, reste.

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